Apport en numéraire ou en nature : définitions, avantages et inconvénients
La création d’une société repose sur la constitution du capital social entre autres. Cette constitution est définit par les ressources mises à disposition par les associés : apport en numéraire ou apport en nature, qui sont les plus courants.
Ces apports donnent des droits sociaux aux associés, des parts ou actions en fonction de la forme juridique de la société. Il est donc crucial de distinguer ces différents types d’apports afin de faire le bon choix.
Apport en numéraire
L’apport en numéraire correspond à une somme d’argent versée par un associé ou actionnaire à la société. Il peut s’agir d’un versement en espèces, par chèque ou par virement bancaire.
Lors de la création de la société, les fonds sont déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation (banque, notaire ou Caisse des dépôts et consignations). Une fois la société immatriculée, les sommes sont débloquées et deviennent utilisables pour l’activité.
Selon la forme juridique, la loi impose un minimum de libération à la constitution :
- SARL et SAS : au moins 20 % du montant des apports en numéraire.
- SA : au moins 50 %, le solde peut être libéré ultérieurement, généralement dans un délai maximal de cinq ans.
Avantages de l'apport en numéraire
- Simplicité de mise en œuvre ;
- Évaluation immédiate et incontestable ;
- Apporte de la trésorerie à la société dès son lancement.
Inconvénients de l'apport en numéraire
- Nécessite de disposer de liquidités personnelles ;
- Peut limiter la capacité financière de l’associé à court terme.
L’apport en numéraire nécessite donc un mouvement de trésorerie, c’est opération pratique qui implique la disposition de cash au sein de la société.
Apport en nature
L’apport en nature consiste à apporter à la société un bien autre que de l’argent. Il peut s’agir :
- Biens matériels : immeuble, véhicule, matériel informatique, machines, stocks, etc.
- Biens immatériels : brevet, marque, fonds de commerce, etc.
- Titres de sociétés : vous pouvez apporter les titres de votre société (actions ou parts sociales) dans une société bénéficiaire appelée généralement holding (soit elle est déjà créée ou en cours de constitution). Dans ce cas la valorisation de la société dont les titres sont apportés est obligatoire. Ces biens ou titres sont intégrés au patrimoine de la société et participent à la formation du capital social.
Évaluation et commissaire aux apports
Contrairement à l’apport en numéraire, l’apport en nature doit être évalué afin de déterminer le nombre de parts ou d’actions attribuées à l’apporteur. En principe, cette évaluation est réalisée par un expert-comptable ou un tiers de confiance et ensuite validée par un commissaire aux apports, professionnel indépendant chargé de garantir l’exactitude de la valeur retenue.
Dans certaines sociétés (notamment SARL et SAS), le commissaire aux apports n’est pas obligatoire si :
- Aucun apport en nature n’excède 30 000 euros, et
- La valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social.
Avantages de l'apport en nature
- Permet de créer une société sans mobiliser de trésorerie ;
- Valorise des biens déjà détenus par les associés ;
- Particulièrement adapté aux projets nécessitant des actifs spécifiques dès le départ.
Inconvénients de l'apport en nature
- Formalités juridiques plus poussées ;
- Coût éventuel de l’apport et du commissaire aux apports ;
L’apport en nature contrairement à l’apport en numéraire est une opération purement théorique. Elle ne nécessite pas de versement de cash (valeur de l’apport) à la société bénéficiaire.
Apport en numéraire et apport en nature
C'est une complémentaire fréquente, les créateurs d’entreprise ont tendance à combiner apport en numéraire et apport en nature. Cette solution permet d’assurer à la fois :
- Une trésorerie suffisante pour le démarrage de l’activité ;
- La mise à disposition immédiate des biens indispensables à l’exploitation.
Le choix entre ces deux formes d’apports dépend donc de la situation financière des associés, de la nature du projet et de la stratégie de développement envisagée.
Conclusion
L’apport en numéraire et l’apport en nature sont deux mécanismes fondamentaux de la constitution du capital social. Le premier privilégie la simplicité et la liquidité, tandis que le second permet d’exploiter des actifs existants sans apport d’argent ou d’optimisation patrimoniale. Bien appréhender leurs règles et leurs implications permet de sécuriser la création de votre société et d’optimiser sa structure financière dès l’origine.
Notre équipe expérimentée sera ravie de vous accompagner dans le cadre de vos missions d’apport en nature, vous pouvez nous contacter directement par téléphone ou via notre formulaire de contact.
Exemple apport en nature
Apport de camions pour une entreprise de transport
- 1. Évaluation des biens : Imaginons que vous ayez acheté des camions pour votre usage personnel. La première étape est d'évaluer correctement la valeur de ces camions, en tenant compte de leur valeur marchande actuelle. Vous pouvez obtenir une évaluation précise en consultant un expert en évaluation de véhicules ou en utilisant des documents tels que les factures d'achat pour déterminer la valeur d'acquisition. Il est aussi important de fournir les cartes grises, contrôle technique et factures d’entretien.
- 2. TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) : Lorsque vous transférez ces camions à votre entreprise de transport, il est important de prendre en compte la TVA. Si la TVA a été déduite lors de l'achat des camions en tant que personne physique, vous pourriez devoir la restituer lors du transfert à l'entreprise. La TVA est une question complexe, et il est souvent nécessaire de régulariser cette situation en fonction de votre cas spécifique.
- 3. Plus-value éventuelle : Si la valeur des camions a augmenté depuis leur acquisition initiale en tant que personne physique, vous pourriez être assujetti à l'impôt sur les plus-values lors du transfert à l'entreprise. Les règles fiscales relatives aux plus-values dépendent de facteurs tels que la durée de détention des camions, le régime fiscal applicable, et d'autres considérations. Une consultation avec un expert fiscal vous aidera à comprendre les implications fiscales précises de cette transaction.
- 4. Formalités administratives : Une fois que la valeur des camions a été évaluée et que les implications fiscales ont été clarifiées, il est temps d'effectuer les formalités administratives nécessaires. Cela peut inclure le transfert de propriété des camions auprès de la préfecture et la mise à jour des registres de votre entreprise de transport pour refléter la nouvelle propriété des camions.
- 5. Comptabilité : Votre comptabilité doit être mise à jour pour prendre en compte l'acquisition des camions par votre entreprise. Un comptable ou un expert-comptable peut vous aider à garantir que tous les enregistrements comptables sont corrects et conformes aux normes en vigueur.
- 6. Commissaire aux apports : En France, l'utilisation d'un commissaire aux apports peut être requise si vous transférez des actifs importants, tels que des camions, à une société lors de sa création ou d'une augmentation de capital. Cela dépendra du montant des apports et de la structure de la société. Discutez de cette étape avec un professionnel du droit des affaires de chez BUNDLES pour déterminer si elle s'applique à votre situation.
En suivant ces étapes et en obtenant le conseil approprié, vous pouvez réussir le transfert de camions achetés à titre personnel à votre entreprise de transport en France tout en respectant les lois fiscales et comptables en vigueur. Cette approche bien gérée vous permettra de maximiser les avantages pour votre entreprise tout en évitant les problèmes potentiels avec les autorités fiscales.
